C'est pas qu'on se sente différents, ou bien qu'on juge la vie mais qu'est-ce qu'on se sent loin des gens quand on survole la ville sur son tapis. Et rire des gueules de déterrés, au fond du métro parisien, mais nous c'est pas pareil, on est crevé quand on se lève le matin.
Au prolo qui s'énerve, accroché à sa voiture à crédit, à chaque feu rouge qui traîne, dans les embouteillages de sa vie. A la fine rayure, sur la carrosserie de sa connerie, si chère si sacrée et si dure, que sa femme à côté se plie.
Sa femme qui fait marcher, à elle seule tout le télé-achat, les feux de l'amour, ou les navets de Foucault, de Voici à Gala. À croire que ça les arrange,de laisser s'agglutiner les cons, ça fera de l'abruti pour demain, la chasse, la pêche, les traditions.
C'est pas qu'on se sente différents, quoique des fois un peu si, on comprend pas bien les gens, alors on s'exclut de la partie. Un sentiment bizarre, que le monde est peuplé de crétins, mais nous c'est pas pareil, on dit pas qu'on regarde TF1.
Alors où est cachée, la fine crème du genre humain, qui vote son Le Pen au mois de mai, qui rêve de Heider pour demain?
Qui voudrait faire la peau, à tous les grilleurs de priorité, ou qui paye 100 euros pour voir la Dion, ou Hallyday bourré.
A l'idée qu'on se fait,du monde et de ses aléas, on est toujours le con de quelqu'un, mais mon voisin le sait pas. Alors quand il hurle au silence, je monte le son rien que pour lui, vive les beaufs et vive la France, j'assume ma connerie même la nuit.
Paraît qu'on est tous un peu con
Dès qu'on est un peu plus de trois